• On est le dernier lundi du mois, et comme tous les derniers lundis du mois, je publie un nouveau chapitre ! J'espère que le précédent vous a plu, que vous aimez les deux nouveaux personnages et que vous êtes bien accrochés pour la suite des événements ! 

    N'hésitez pas à donner votre avis et bonne semaine ^^

    La bande son de ce chapitre étant en mp4 chez moi, je vous la met via une vidéo youtube

     

     

     

    Londres était gigantesque et … Bizarre. Les gens se baladaient dans des tenues hyper extravagantes au milieu de bâtiments extrêmement propres et organisés. C’était comme mettre un clown derrière un guichet de banque. Le pire c’est que c’était contagieux.

    Elie (dont j’avais dû retenir le prénom pour réussir à communiquer dans le trio que nous formions) s’était relâchée sur le look. Non pas qu’elle avait cédé pour un jean et des baskets, mais elle avait enfilé une jupe jaune poussin, des collants rouges, une veste en cuir brune et des chaussures à talons d’au moins vingt centimètres.

     

    Le pire c’est que ça lui allait super bien.

     

    J’étais verte.

     

    Eden nous avait déjà emmenés à Londres avant, mais jamais très longtemps. Enfin, encore moins longtemps que d’habitude. A bien y réfléchir, elle avait toujours l’air nerveuse quand on y allait. Et si elle venait de là ? Avec ses cheveux multicolores, elle collait parfaitement à l’ambiance. Pourquoi je n’y avais pas pensé avant ? Ça m’aurait épargné pas mal de recherches !

     

    Non. Eden n’était pas londonienne. Prudente comme elle était, elle ne serait jamais revenue dans sa ville d’origine. Il y avait trop de risque d’être reconnue malgré ses teintures et ses vêtements larges. Et puis elle était plutôt d’origine américaine. Elle avait beau avoir recruté la plupart de son équipe en France (moi y compris), elle avait toujours eu un très très très léger accent américain. Mais le genre qu’on remarque pendant les dix première secondes quand on lui parle la première fois et qu’on oublie immédiatement. Jusqu’à ce qu’on y repense comme je le faisais à l’instant.

     

    S’il devait y avoir quelque chose à son sujet ici, à Londres, je pariais que ça avait un rapport avec le MEE (Mystérieux Employeur d’Eden).

     

    Je fourrai une main dans la poche de mon short et tirai un grand coup sur ma valise pour lui faire passer le trottoir. L’hôtel que nous avait réservé Daniel était juste en face. Evidemment, il avait choisi un truc super chic et gigantesque. Le genre que je détestais. Et il le savait. Ouais. J’étais quasiment sûre qu’il le savait. Et qu’il le faisait par pur sadisme.

     

    Alors que nous nous dirigions tous les trois vers nos chambres, Sherlinsectegéant se tourna vers moi.

      -Je serai dans l’obligation de m’absenter au cours de cet après-midi. Elie est parfaitement au courant, mais je tiens à vous prévenir que je serai absolument injoignable jusqu’au dîner.

     

    Je haussai les épaules.

      -J’en n’ai rien à foutre, tu sais.

     

    J’avais vite abandonné toute réserve et politesse dans l’avion. Ce mec était chiant et maintenant que j’étais au courant de sa passion, je ne pouvais m’empêcher de m’énerver quand il copiait sans arrêt Sherlock Holmes. Et puis on devait passer un certain temps tous les trois ensemble, c’était pas la peine de cacher plus longtemps ma vraie nature.

     

    Il haussa les épaules et s’enferma dans sa chambre alors que je grommelais :

      -Il est obligé de toujours parler comme ça ?

     

    Elie ouvrit la porte de sa chambre.

      -Il joue un rôle pour essayer de ressembler à son idole. Et puis il est français.

      -Et alors ? Moi aussi !

      -Oui mais tu as dû remarquer qu’on apprenait un anglais plutôt soutenu là-bas.

      -J’en sais rien, c’est mon ancienne patronne qui m’a appris l’anglais.

     

    J’étais bilingue grâce à Eden. Mais j’avais aucune idée de la conjugaison et de la syntaxe de la langue anglaise (ou française d’ailleurs) exacte. Elle s’était contentée de nous parler les deux langues en nous faisant ingérer des heures de séries en VO. J’étais comme ces gosses qui ont des parents de nationalités différentes, sauf qu’Eden avait joué le rôle du père et de la mère. Et que c’était aucun des deux.

      -Guillaume est resté en quelque sorte bloqué au vocabulaire qu’il a appris en France… Et puis bon, il est spécial, hein. Il faut bien l’avouer.

     

    Je ne pus m’empêcher de sourire et elle enchaina en changeant totalement de sujet.

      -Ça te dis qu’on passe l’aprèm ensemble ?

     

    Surprise, je haussai les sourcils.

      -Euh…

     

    Elle ajouta :

      -Je ne connais pas Londres, et tu as dit dans l’avion que tu y avais déjà été.

      -Euh… Oui…

     

    …Mais je n’ai aucun sens de l’orientation…

     

    …Et puis les sorties entre filles c’était pas trop mon truc…

     

    …Et puis … Et puis…

     

    Bon, ok, j’avais rien à faire en fait. J’avais vraiment envie de refuser, mais là, tout de suite, aucune excuse valable me venait à l’esprit.

      -Ben… Ouais. Si tu veux… Enfin… Euh… Ouais.

      -Cool. Je pose ma valise et je t’attends dans le hall. 

     

    Sans répondre, je rentrai dans ma chambre et soupirai en fermant la porte. C’est bien, je sors cet aprèm… Mais où j’allais bien pouvoir emmener Elie ? Non parce que Londres c’était grand ! Et j’avais pas envie de faire les musées. Et les boutiques non plus ! Et… En fait… Je faisais jamais rien. J’étais une grosse larve… Et c’était déprimant. Su-per.

     

    Je résistai à l’envie de m’affaler sur le lit et passai aux toilettes avant de rejoindre ma nouvelle copine rousse. Le miroir de l’hôtel me renvoya une image effrayante. J’étais pâle, fatiguée et j’avais l’air dépressive. C’est à se demander si Elie ne m’avait pas proposé de passer l’après-midi ensemble de peur que je me tranche les veines. Je me passai un peu d’eau froide sur le visage, ébouriffai mes cheveux et tentai un sourire.

     

    Non. Laisse tomber le sourire. Ca fait encore plus peur.

     

    J’effleurai l’endroit où je planquai mon flingue, ces derniers temps, et regrettai de n’avoir rien pu prendre. Ce connard de Wolffe était dans les parages et j’avais aucune arme. Foutus voyages en avion !

    Bon, pour le moment je n’avais pas à m’occuper de lui. Je devais juste rejoindre Elie au rez de chaussée.

    Au milieu du couloir, ma poche vibra. Un SMS. Sur le portable d’Eden.

    Je m’arrêtai pour le lire.

     

    « Je t’avais dit de rester loin de Daniel »

     

    La personne n’était pas enregistrée mais je n’avais pas besoin de ça pour deviner de qui il s’agissait. J’hésitai entre l’insulter copieusement ou ne pas répondre.

    J’avais pas eu le choix pour le voyage. Et puis Daniel n’était pas avec nous. Et puis c’était pas mon père ! En plus il me surveillait ou quoi ?!

     

    Finalement, je tapai : « Pa le choi. Pe etr 1 piste sur Nista ».

     

    Pas le choix. En fait si. Je l’avais eu. L’autre solution était que je raconte ma virée au bordel sadique de Wolffe.

    J’étais une tueuse pourtant. Daniel le savait. Mais allez savoir pourquoi, je voulais pas le dire. Trop d’éléments étaient flous. Et ça m’avait beaucoup trop bouleversée pour ça.

     

    Je repérai les cheveux rouges d’Elie et avançai dans sa direction. Qui sait, peut-être que cet après midi me ferait oublier un instant tout ça.

      -J’ai repéré sur internet un resto végétarien, ça te tente ?

     

    J’eus un léger mouvement de recul.

      -Comment tu sais que je suis…

     

    Elle haussa les épaules.

      -Tu n’as pris que des plats végétariens depuis hier.

     

    Ouais enfin, on pouvait pas se fier à un sandwich et à une assiette pour deviner un truc pareil !

    Mais, c’était gentil de sa part. Je ferais peut être une boutique avec elle. Juste une.

     

    Un conseil :

     

    Ne jamais céder.

     

    Jamais.

     

    Pas comme je l’ai fait.

     

    Nan parce qu’après le resto, je me suis dit que c’était tellement bon que j’accepterais peut être de faire une deuxième boutique avec elle. Et puis je nous ai perdues, Elie et moi, alors pour me faire pardonner j’ai cédé une troisième boutique.

    Et comme j’étais de bonne humeur. Une quatrième.

    Et comme Elie me suppliait de façon tellement adorable. Une cinquième.

    Et puis j’ai accepté d’essayer une jupe. « Juste pour voir ».

    Et puis un ensemble sélectionné par Elie.

    Et comme ça lui faisait plaisir, je l’ai laissée m’acheter un, deux… trois……… quatre fringues…

     

    Au final, nous sommes rentrées assez tard à l’hôtel. Je ne sentais plus mes pieds et mon corps commençait à se rebeller contre le traitement que je lui avais fait subir. Comment une journée de shopping pouvait autant faire souffrir ?!

    Dans l’ascenseur, Elie sortit son téléphone de son sac et se tourna vers moi.

      -Guillaume vient de m’envoyer un sms, il nous invite dans un restaurant français près de Baker Street.

      -Quelle heure ?

      -21 heures. Ça nous laisse deux heures pour nous reposer un peu.

     

    Je poussai un soupir de soulagement. J’en pouvais plus.

     

    Mais j’avais quand même passé un bon après-midi. Un très bon après-midi. Elie était adorable. A vrai dire, je n’avais pas eu besoin de faire des efforts pour m’intégrer ou paraitre normale. J’avais eu qu’à la suivre. Et c’était vraiment reposant.

     

    Lorsque je rentrai dans ma chambre, je m’effondrai sur le lit et restai cinq bonnes minutes à l’état de larve.

    Je décidai ensuite de retirer mes baskets et bénis la moquette ultra moelleuse qui épargna mes ampoules.

    Ce fut seulement là que je remarquai les appels manqués sur mon téléphone. Pas celui d’Eden. Le mien.

    Daniel avait essayé de me joindre quatre fois cet après-midi. Le pauvre, il était habitué à ce que je reste terrée dans mon coin comme une sauvage. Ce que j’aurais fait s’il n’y avait pas eu Elie. Enfin bref…  Je le rappelai et il décrocha au bout de la troisième sonnerie.

    - Enfin ! Commença-t-il.

    - Désolée, je suis sortie tout l’aprèm.

     

    Silence à l’autre bout du fil.

     

    C’était si exceptionnel que ça, que je sorte de mon plein gré ?

     

    Finalement, Daniel se ressaisit.

    - J’ai réussi à obtenir un congé exceptionnel. J’arrive plus tôt que prévu.

    - T’entends quoi, par, plus tôt que prévu ?

    - Ce soir.

    - Ah ouais quand même !

    - Tout se passe bien ?

    - Gé-nial… La mante religieuse s’est barrée toute la journée et j’ai fait du shopping avec Elie.

    - La mante ? Du shopping ?! Laisse tomber… Je ne veux pas savoir.

     

    On dirait pas comme ça, mais j’étais plutôt fière d’avoir cloué Daniel. Au téléphone en plus. Et pas avec des vrais clous. Ça aurait été trop facile. Quoique… Daniel se démerdait pas mal en tant que tueur et il me faudrait un gros coup de chance pour le battre.

     

    Comme avec Eden.

     

     

    - Ah, et l’autre veut nous payer le resto ce soir.

    - L’autre ?

    - Le gros insecte, là, le fan de Sherlock Holmes !

    - Tu devrais apprendre à mémoriser les noms Kaelle… Un jour ça te causera de gros soucis.

    - Rien que je puisse pas régler avec un flingue. Répondis-je au tac au tac… à moins que ce ne soit au tac à tac… au tic-tac ? Bref. Je ne réagis pas tout de suite au silence à l’autre bout du fil.

    - Sauf que tu n’as plus d’arme. N’est-ce pas ?

     

    Son ton était suspicieux. Je m’étais vendue… Merde…

    - Non non, j’en n’ai pas ! Répondis-je un peu trop vite, même si, à vrai dire… J’en n’avais vraiment pas à cause de ce putain d’avion.

     

    Tiens, c’était l’occasion de rebondir !

     

    - Mais c’est pas pour rien que j’arrête pas de t’en demander un !

     

    Nouveau silence. Daniel réfléchissait. Il ne voulait pas tâcher son petit costume bien propre, mais il savait qu’en enquêtant sur Eden, on plongerait dans la boue. Ou dans le sang.

     

    Toujours est-il que j’avais retourné la situation en un rien de temps qu’il en faut pour dire « lapin » et que Daniel hésitait à présent. J’aurais peut-être un flingue pour de bon. Enfin, un légal quoi. Enfin… On se comprend.

    - C’est risqué. Je ne pourrais pas te couvrir. Mais j’y réfléchirais.

     

    Il était revenu aux phrases courtes et sans intonation pouvant trahir ses émotions. Même sa voix avait un masque neutre. C’était … Non, je le dirais pas. Je dirais jamais que Daniel pouvait être cool à sa manière. Jamais !

    Finalement, il revint sur la raison de son appel.

    - J’arrive aux alentours de 23 heures. Je pense prendre une chambre directement. On se voit donc demain matin.

     

    Ça avait toqué pendant qu’il parlait. C’était Elie.

     

    Elle s’était encore changée et ses talons la rendaient encore plus grande que moi.

     

    - Ok. A demain matin.

     

    Je raccrochai, non sans savourer ce rare moment où c’était moi qui lui raccrochais au nez. Prend ça dans ta face Daniel ! Moi aussi je peux raccrocher ! Ahahahahaha !

     

    Ok, c’était débile, dit comme ça.

     

    - C’était Daniel. Précisais-je pendant qu’Elie rentrait dans la chambre. Il arrive ce soir finalement. Mais il nous rejoint que demain matin.

    - Cool. Guillaume est déjà au restaurant. Il m’a envoyé l’itinéraire à suivre par sms.

    - On n’est pas débiles… Grognais-je. On va pas se paumer non plus.

     

    Silence.

     

    Ok, j’ai rien dit.

     

    - Tu n’as pas mis ce qu’on a acheté cet aprèm ?

     

    Cette question à la réponse évidente, posée aussi innocemment, me prit au dépourvu. J’avais prévu de ne jamais porter ça, mais je voulais pas lui faire de peine… Et elle m’avait clairement invitée à enfiler une des tenues qu’elle m’avait offerte.

     

    Hum… Vite, une parade !

    - Baheuuh… Je pensais pas m’habiller bien. On va juste manger quoi…

    - Ca fait toujours une sortie.

     

    Traduction : Kaelle (ou plutôt Hélène), ta gueule et enfile les sapes que je t’ai achetées.

     

    Je fis la moue et le sourire d’Elie s’élargit. Elle avait gagné.

     

    Dix minutes plus tard, je portais une jupe en jean trop courte à mon goût (c’est-à-dire au-dessus du genou, au moins) d’où pendaient deux bretelles, parce qu’il fallait pas vraiment les mettre, selon Elie, un débardeur avec de la dentelle et des bottines en cuir. J’étais ri-di-cule.

     

    Mais ma fausse rousse semblait aux anges. J’avais au moins fait une heureuse ce soir.

    - Je peux te maquiller un peu ?

     

    Oh putain…

     

    J’aurais dû la voir venir celle-là.

     

    Oh et puis si ça lui fait plaisir… C’est pas comme si c’était tous les jours comme ça.

     

    - J’te préviens, je bouffe le rouge à lèvres quand j’en ai.

     

    J’avais jamais mis de rouge à lèvres, mais c’était juste pour préserver mon image de fille indomptable.

     

    En fait c’était vraiment nul comme remarque.

     

    J’étais pas en forme ce soir !

     

    Je m’assis sur mon lit et attendis qu’Elie commence son travail. Résignée.

    - Ferme les yeux. T’as une peau plutôt belle. En même temps, tu manges sain. T’es végétarienne depuis longtemps ?

     

    Quel était le rapport entre ma peau et les salades ?

    - Nan, depuis quelques mois…

    - Ah oui ? Et comment t’y es venue ? Rouvre les yeux. On ne décide pas d’arrêter la viande du jour au lendemain.

    - … J’ai décidé d’arrêter comme ça… Parce que… J’en avais envie…

    - Ferme les yeux. Ah ouais ? C’est cool d’avoir autant de volonté, comme ça. Rouvre-les. Hum… referme. Rouvre. Regarde en haut. Voiiilllàààà. Referme.

     

    Elle faisait semblant de ne pas avoir vu ma mâchoire et mes poings se crisper. Ni d’avoir remarqué mon ton sec. C’était gentil.

     

    Je sentais son pinceau glisser sur mes paupières. Ça faisait bizarre.

    - Tu as les mêmes yeux qu’Emily, ils sont très beaux. Commenta-t-elle doucement.

    - Déconne pas, ils ont rien de particulier, ils sont juste bruns. Emily, c’est l’amie que tu cherches ?

     

    Elie hésita à répondre.

    - Oui. C’était même plus qu’une amie…

    - Ah…

     

    Oooookkk, ça je m’y attendais pas du tout.

    - Je l’ai quittée… Le jour de sa disparition…

     

    Je fronçai les sourcils.

    - Elle a peut être juste voulu refaire sa vie et couper les ponts.

    - C’est ce que j’ai pensé, au début. Mais Guillaume n’a trouvé aucune trace d’elle, et si même un détective aussi expérimenté ne la trouve pas, c’est qu’elle a des soucis…

     

    Sa voix tremblait. J’ouvris les yeux et vis les siens briller.

    - On va la retrouver.

     

    J’en n’étais pas sûre, mais je savais pas quoi dire d’autre. J’avais pas spécialement envie de la voir pleurer. Je saurais pas quoi faire dans ce cas-là.

    - Je m’en veux…

    - Tu pouvais pas savoir qu’il lui arriverait un truc ce jour-là…

     

    J’étais carrément mal à l’aise. En plus, si mes yeux lui rappelaient son ex, on n’était pas sorties de l’auberge !

     

    Finalement, elle respira un grand coup et sourit faiblement.

    - Mais tu as raison. On va la retrouver.

     

    Restait plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle soit toujours vivante.

    - Et voilà ! J’ai terminé ! Tiens, regarde.

     

    Je fronçai les sourcils devant la petite glace qu’elle me tendait. C’était… étrange. J’avais l’impression de voir une autre personne. C’était pas moche, mais pas moi non plus.

     

    Si la mante religieuse se foutait de moi ce soir, je lui casserais la gueule.


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  • La mécanique des mouvements est une série de photos tirées à partir de scans humains, ces photos décomposent le mouvement et mettent un certain doute sur la nature exacte du sujet qui a été scanné.

    N'hésitez pas à donner votre avis dessus.

     

    La mécanique des mouvements

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  • Chose promise, chose due ! Voilà un nouveau chapitre d'"Une histoire encore plus sombre sans lapins". N'hésitez pas à donner votre avis ^^

     

    Cyndi Lauper feat Charlie Musselwhite « Down don’t bother me »

     

     

    Daniel conduisait. Imperturbable. Il n’avait fait aucun commentaire à propos du bleu sur ma joue et moi aucun à propos des deux passagers derrière.

    Je les observais silencieusement, attendant qu’il fasse les présentations. Un autre jour j’aurais carrément posé la question, mais pas là. Je restais calme. Sage. Et peut-être qu’en retour, Daniel ne posera aucune question sur ma soi-disant soirée alcoolisée d’hier.

     

    Bon sang que c’était dur de ne rien demander ! Nan, parce que ces deux gusses me disaient quelque chose ! Surtout la rousse. J’étais sûre de l’avoir déjà vue quelque part. Mais où ?

     

    Maudite mémoire de poisson rouge ! Putain, où est ce que j’ai vu cette rousse ? Et pourquoi le mec aussi me disait quelque chose ?! Je me serais souvenue de lui si je l’avais vu quelque part ! Il a une tête qui fait plutôt peur, et super pas commune. Le genre un peu… euh… Mante religieuse. Ouais je sais, c’est pas super précis, mais c’est la première chose qui me vient en tête quand je le vois. Enfin, peut être que c’est parce que je le vois de trois-quarts dans cette voiture. Peut-être que quand il sortira… Ouais, on verra.

    Du coin de l’œil, je guettais la moindre petite expression sur le masque qu’était le visage de Daniel, mais il avait des années d’expérience. Il gardait toujours cet air… même pas froid. Plutôt qui inspire confiance. Ouais, comme Vendini l’avait dit. Qui inspire confiance.

    Même si moi je n’arrivais pas à l’encadrer. La faute au costume.

     

    Après une dizaine de minutes extrêmement silencieuses et stressantes, Daniel s’arrêta devant la « Mouette rieuse ». Autant dire que sa voiture de bourge faisait tache dans le décor.

    Les deux inconnus sortirent les premiers et je lançai un regard interrogateur à Daniel qui articula faiblement un « attends » avant de sortir à son tour.

     

    Je soupirai, claquai un peu trop fort la portière derrière moi et examinai un peu mieux les….. Mante religieuse !

    Définitivement « mante religieuse » pour le gars. Hyper grand, il dépassait Daniel, qui avait lui-même cinq centimètres de plus que mon mètre soixante-quinze. Hyper maigre aussi, mais son ossature l’empêchait d’être plus fin que moi. Ses cheveux bruns tombaient sur son visage sans que ça le gêne, visiblement. Ils n’étaient pas super longs, mais juste assez pour qu’une mèche bouche son champ de vision. En fait… si ça avait été une fille, il aurait eu la même coupe que moi. Je sais pas comment je dois le prendre… 

    Sinon, il portait une chemise noire par-dessus un tee-shirt noir, un bermuda et une paire de mocassins. Ça lui donnait un air plutôt jeune, mais il devait être plus âgé que moi.

     

    Ouais, je sais, je me prends comme point de comparaison, mais on peut pas dire que je fréquente beaucoup de monde en ce moment, et je ne pouvais vraiment pas comparer cette mante religieuse à Daniel. Il y avait un super méga fossé entre eux. Je me demande comment ils se sont rencontrés. Ils ne devaient même pas fréquenter le même genre d’endroits.

     

    La femme, à côté de lui, n’avait rien d’un insecte. Je dirais même qu’elle était plutôt jolie. Petite, un peu ronde et même pas vraiment rousse (ses racines brunes étaient visibles), mais jolie. Ses cheveux tombaient jusqu’aux reins, lisses et rouges. J’aimais bien. Une frange les empêchait de tomber devant ses yeux savamment maquillés et je trouvais que ça allait plutôt bien avec son visage rond et ses lèvres pulpeuses.

    Elle portait une jupe droite et haute et un débardeur à boutons. La ceinture de la jupe mettait en valeur sa taille plus fine et le débardeur sa poitrine généreuse que son sac à main pressait légèrement. Enfin, comble de la féminité, elle arrivait à marcher sensuellement avec des escarpins d’au moins dix centimètres de hauteur.

     

    Wow. Je n’avais jamais autant détaillé des gens. Et malgré ça, je les remettais toujours pas. En tout cas ils formaient un drôle de duo. Aucun des deux n’allait ensemble. Ouais enfin… Ils devaient se dire la même chose en nous regardant, Daniel et moi. Je me demande comment ils doivent me décrire. Maigre, brune aux yeux bruns, débardeur, short, baskets ? Ou alors : Mince et pâle, les cheveux en bataille et un bleu sur la joue ?  Ils devaient sans doute se demander pourquoi je les fixais avec cet air sans doute flippant depuis tout à l’heure.

     

    Daniel n’avait toujours rien dit. Il était rentré dans le resto et le serveur nous avait placés dans un coin calme. Après quelques allers retours, on s’était retrouvé avec de l’eau et les menus en main, mais toujours aucun mot jusqu’à ce qu’on soit sûr que le serveur ne reviendrait pas avant perpètes.

    Je m’attendais à ce que notre pingouin blond national délivre enfin l’identité des mystérieux inconnus (s’il m’annonce que c’était juste des potes à lui je le tue), mais ce fut la rousse qui parla en premier.

      -Je pense qu’il est temps de se présenter. Je m’appelle Elie Green et…

      -Et moi c’est Guillaume Ris. Je suis détective. Enchaina l’autre.

     

    J’ai toujours trouvé stupide de donner son nom de famille quand on se présente. Sans blagues, qu’est-ce qu’on en avait à foutre de leur nom de famille ? C’est pas comme si on allait le retenir et s’en servir plus tard. Ça serait cool si je me rappelais de leur prénom déjà.

    Comme Daniel semblait déjà s’être présenté avant que j’arrive, je répondis :

      -Moi c’est… Hélène.

     

    J’avais faillis donner mon vrai nom. Il fallait que je fasse gaffe !

      -Guillaume et Elie sont les deux personnes qui enquêtaient sur l’usine. Expliqua Daniel. Ils t’avaient repérée quand tu as interrogé les sans-abris. Il marqua un temps de pause. Et dans la salle d’attente d’Archgate hier…

     

    Oups. C’est bon, je remettais la rousse.

    Je rentrai la tête dans les épaules et évitai le regard accusateur de Daniel pendant que la mante religieuse modèle géant prenait la parole.

      -Après quelques recherches, j’ai voulu me renseigner auprès de la personne la plus proche de vous, afin de connaitre la raison de votre enquête : Daniel, ici présent.

     

    J’étais fascinée. Il parlait tout le temps comme ça où il avait écrit et apprit un texte par cœur ? Tout était étrange : la formulation des trucs, le ton légèrement hautain et la presque absence de variations dans le ton. C’était vraiment bizarre comme façon de parler. Normal, c’était une grosse mante religieuse.

    Daniel croisa les mains devant lui. Son ton était plutôt sec.

      -Je t’avais dit de laisser tomber la piste de l’usine. Visiblement tu ne m’as pas écoutée. Alors le mieux serait de continuer avec eux plutôt que te retrouver avec plus qu’un bleu. D’ailleurs, qu’est-ce que tu as fait pour être dans cet état ?

      -Ce con de prisonnier m’a envoyée vers Vendini.

     

    La mante religieuse haussa un sourcil. Surpris.

      - Vendini n’a rien à voir dans cette affaire. Il vous a menti.

      -Je m’en suis rendu compte.

     

    Valait mieux que je fasse croire à une confrontation avec Monsieur la Tchatche plutôt que dire ce qu’il s’était vraiment passé. Et puis, je n’avais presque pas menti !

     

    Je croisai les bras, boudeuse.

      -Bon, et vous avez trouvé quoi du coup ?

     

    La mante religieuse croisa les doigts, pensif.

      -Cette usine, appartenant à la Wolffe Industrie, est dirigée par Kyle Wolffe, actuellement en voyage d’affaires à Londres. Son entreprise est spécialisée dans la production et la vente de textiles, mais ce n’est qu’une façade dont il se sert pour blanchir de l’argent provenant d’une activité illicite, qui, au vu de la cause de notre enquête, pourrait fort bien traiter d’une quelconque forme de trafic humain.

     

    Hé reprends ton souffle mec ! C’est pas humain de faire des phrases aussi longues ! Et puis il pourrait pas parler normalement ? On dirait un bouquin, sans blague !

     

    Je croisai le regard de la rousse qui me sourit, amusée. Amusée par quoi ?

      -Visiblement nous avons plus d’éléments que vous. Conclut la grande bestiole. Vous semblez un peu désorientée. Dois-je répéter mes conclusions plus lentement ? J’ai tendance à oublier que les esprits moyens prennent plus de temps à traiter l’information.

     

    Ok, c’est moi qu’il traitait d’esprit moyen ? Le pire c’est qu’il semblait sincère.

    En tout cas je devais avoir l’air totalement paumée parce que le sourire de la rousse s’élargit encore plus.

    Je détestais quand on se foutait de moi.

       -Ce n’est pas la peine. Finit par répondre Daniel devant mon silence et ma tête d’abrutie. Mais, sans vouloir être indiscret, qu’est-ce qui vous a poussé à enquêter sur cette usine ?

     

    Le serveur décida qu’on avait eu assez de temps pour choisir quelque chose sur le menu. Menu auquel je n’avais même pas jeté un coup d’œil.

    Pendant que les autres donnaient leur commande, je bénis les plats portant le nom « végétarien », ce qui facilitait énormément mon choix.

     

    Une fois sa mission accomplie, le serveur tourna les talons et nous laissa tranquilles. Jusqu’à la prochaine fois.

    La rousse expliqua alors :

      -Mon amie a disparu il y a quelques mois de cela. J’ai engagé Monsieur Ris pour la retrouver. Pour le moment, toutes les pistes nous mènent à Wolffe Industrie. Son regard se voila. Elle semblait triste. Je pense qu’elle a dû voir quelque chose de compromettant,  alors on a enquêté sur toutes les affaires louches de ces dernières années concernant la Wolffe Industrie.

      -Mais ça fait longtemps que l’explosion s’est produite ! M’exclamais-je.

      -Et il n’y a plus rien eu de suspect depuis.

     

    La mante religieuse ajouta gravement :

      -Ce qui est étrange au possible…

     

    Daniel acquiesça et moi je cherchai à qui me faisait penser cette grande bestiole toute maigre. Pourquoi j’avais l’impression de l’avoir déjà vu quelque part.

      -Wolffe effacerait ses traces ? Demanda-t-il.

     

    L’autre secoua la tête.

      -J’ai enquêté sur lui, il s’agit d’un truand de bas-étage, mais en aucun cas d’un cerveau criminel.

      -Quelqu’un le protègerait ?

     

    Tout en disant ça, le regard de Daniel soutenait le mien. On tenait une piste pour Eden.

      -Sans aucun doute. Et il se pourrait fort que cette personne ait un lien avec le trafic de Wolffe.

     

    Le trafic ? Ouais tout à l’heure il avait parlé de trafic. De. Trafic. Humain. Ah merde j’avais pas tout de suite capté ! Il parlait tellement bizarrement !

     

    Putain ils vont découvrir le massacre !

    Enfin, c’était pas moi qui avais fait le plus gros, mais quand même… D’ailleurs je me demandais toujours qui était ce mystérieux allié… Mais c’était pas en me posant quinze mille fois cette question qu’elle allait se résoudre toute seule.

     

    Je tordai mes mains. Et arrêtai immédiatement. J’avais l’air trop suspecte et la mante religieuse me fixait bizarrement. J’avais qu’une envie, c’était de partir le plus loin d’ici et de me terrer dans ma chambre d’hôtel en espérant que personne ne découvre jamais ce que j’avais fait hier.

    Ce n’était pas la première fois que je tuais, j’avais fait ça des années sans trop de remords. Mais hier… Je ne savais pas si c’était le fait d’être plus à découvert que jamais sans la protection d’Eden, si c’était les scènes que j’avais découvert là-bas ou tout simplement parce que j’étais toujours à vif suite à ma rupture avec Eden et Lucy. Sans doute un peu des trois. J’avais peut être atteint mes limites. A presque 25 ans, j’étais peut être déjà totalement usée intérieurement. Détruite.

      -Hélène ?

     

    Je me rendis compte que cela faisait trois fois qu’on m’appelait par ce nom sans que je me reconnaisse. En même temps, quelle idée avait eu Daniel de m’appeler Hélène… La prochaine fois que je changerais d’identité, c’est moi qui choisirais !

      -Hein ? Désolée. Je réfléchissais à un truc.

     

    Silence. Ils s’attendaient tous à ce que je leur dise ce à quoi je réfléchissais, mais ils pouvaient toujours crever pour ça. Alors Daniel se décida à reprendre la parole.

      -Vous avez déjà interrogé les hommes de Wolffe, en dehors de celui qui était en prison ?

     

    La rousse secoua la tête mais n’ajouta rien. Le serveur venait d’arriver avec les plats. Personnellement, je n’avais pas faim, mais je tentai quand même d’avaler deux trois trucs. C’était pas tous les jours que je mangeais varié.

      -Qu’est-ce que vous comptez faire du coup ? Demandais-je en examinant un truc vert pas très ragoutant dans mon assiette.

     

    Vous avais-je déjà dit qu’avant de devenir végétarienne j’étais loin de raffoler des légumes ? C’est terriblement con, je sais. Mais c’est comme ça. Je n’aime pas les légumes mais je ne supporte plus la viande. Et pas question de me laisser mourir de faim.

    Bref. Je parle trop.

    La grosse mante religieuse détective avala ce qu’il était en train de mâcher et répondit :

      -Il faudrait s’infiltrer parmi les hommes de Wolffe.

      -Genre, il va faire confiance au mec qu’il vient à peine d’embaucher.

     

    L’autre me jeta un regard mauvais et haussa les épaules.

      -L’erreur est humaine. Wolffe est bien trop confiant. Il doit se reposer presque entièrement sur son mystérieux protecteur. Et ses hommes de main doivent l’être encore plus. Il ne sera pas difficile de s’attirer leur confiance et d’en obtenir quelque information.

      -Ou alors on utilise un appât. Quelqu’un qui ferait croire à Wolffe qu’il a découvert son secret. Proposa la rousse.

     

    Daniel grimaça.

    - Il y a plus de chances qu’il envoie des tueurs qu’autre chose. Non. Il faudrait plutôt se concentrer sur Wolffe uniquement. Voir avec qui il communique, quel est son emploi du temps, s’il a des propriétés quelque part... Vous êtes détective, après tout, non ?

    - Dans ce cas, il faudra se rendre à Londres. Wolffe a réservé son billet de retour pour dans deux semaines. Répondit-elle.

    - Je pourrais me procurer le matériel sur place. Londres n’a aucun secret pour moi.

     

    L’insecte semblait vachement enthousiaste en disant ça, et la rousse sourit à nouveau en le regardant. C’était quoi cette private joke au sujet de Londres ?

     

    Daniel hocha la tête.

      -Je réserve l’avion et l’hôtel pour demain matin. Par contre je vous rejoindrais plus tard. J’ai un travail à terminer.

      -Ce délai nous laissera le temps de dresser une liste exhaustive de tout ce qu’il nous faudra pour mener à bien cette filature.

     

    Ça veut dire quoi « exhaustive » ?

    Et puis personne m’avait demandé mon avis à moi ! Ils organisent un voyage sans savoir si j’avais prévu des trucs avant ! Bon, ok, j’avais rien à faire, mais quand même ! J’existe !

    Et puis si ça se trouve la personne qui m’aidait ne pourrait pas me suivre et me donner d’autres indices !

    Et Wolffe avait peut-être déjà reçu ma tête imprimée depuis les caméras de sécurité de son bordel de sadique !

     

    Il fallait que je le trouve avant les autres…

      -Ces messieurs, dames, prendront un dessert ?

      -Moi je prendr… Commença la grosse bestiole.

      -… Non merci. Termina la rousse avant de se tourner vers Daniel. Par contre ça vous dérange si je fume avant de repartir ?


    Daniel répondit à la négative.

     

    Moi ça me dérangeait.

     

    La femme sortit un paquet de cigarettes et un briquet argenté. Puis elle croisa mon regard. Et elle le rangea.

      -J’attendrai d’être dehors.

     

    Ah, c’était gentil. Généralement les gens s’en foutaient que ça dérange. Ils demandaient, histoire d’être polis, et les autres répondaient que, non, ça les dérangeait pas. Histoire d’être polis aussi. Même si en réalité ils ont l’impression qu’on viole leurs poumons à chaque fois que l’autre tire sur sa clope.

     

    Daniel sortit sa carte bleue et se dirigea vers le comptoir pendant qu’on sortait. Je traînais un peu les pieds, parce que, mine de rien, je ne connaissais pas ces gens, et je n’avais pas trop envie de me retrouver comme une intruse entre eux deux.

    Finalement ils égalisèrent un peu les rangs quand la mante religieuse partit aux toilettes. Je me retrouvais donc avec la fumeuse rousse.

    Elle ressortit son paquet et alluma une cigarette en poussant un soupir de soulagement. Recracha une bouffée et finalement se posta à ma droite quand elle se rendit compte que le vent m’envoyait toute sa fumée.

      -Merci. Marmonnai-je, plus pour combler le silence qu’autre chose.

      -Y a pas de quoi.

     

    Bon. Et je dis quoi maintenant ? Je fais quoi ?

    Dansant d’un pied à l’autre, je croisai mes mains dans mon dos en guettant Daniel à l’intérieur du restaurant.

      -Il a l’air chouette ton tatouage.

     

    Je reportai mon attention sur la rousse, un peu surprise et pas du tout à la fois. C’était un commentaire banal, mais je ne pensais pas qu’elle aurait envie de discuter avec moi.

      -Hum… Merci…

     

    Ouais, je suis la pro des réponses originales qui permettent à l’autre d’enchainer.

      -Il représente quoi ?

      -Un phénix.

      -Ah… Ça a l’air sympa.

     

    Blanc.

     

    C’est fou comme le temps s’allongeait dans ce genre de situation.

      -Eeetttt… Vous vous connaissez depuis longtemps toi et… Euh…

     

    Putain comment s’appelait la mante religieuse ?

      -Guillaume ?

      -Ouais.

     

    Elle sourit et tira une bouffée avant de répondre.

     - Ca fait quelques années. On était dans la même université. J’avais commencé des études de psychologie et lui suivait un triple cursus biochimie/psychologie/gériatrie.

      -Sans blague ?!

     

    Je me sentais tout à coup hyper conne. J’avais même pas mon bac. Jamais de la vie je n’aurais pu rentrer à l’université et encore moins suivre trois parcours en même temps.

    - Mais il était surtout, et il est toujours, un grand fan de Sherlock Holmes.

     

    Déclic. Je savais maintenant pourquoi j’avais l’impression de l’avoir déjà vu. Ce mec se prenait pour Sherlock Holmes !

    - Et…

     

    Qu’est-ce que je dis maintenant ? 

    - Et toi ? Tu es psy alors ?

    - Non non. J’étais danseuse de cabaret. Je suis au chômage depuis un an maintenant.

     

    Danseuse de cabaret…

     

    Elémentaire ma chère Kaelle. Elémentaire.


     


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